Ascension à Notre-Dame d’Orcival

Quel accompagnement spirituel avec les familles du voyageur en période de confinement ? Comment vivre le réconfort spirituel avec les malades et les personnes en deuil, comment maintenir la curiosité des enfants sur la vie de Jésus et motiver les jeunes chanteurs et musiciens de nos chorales ? Préserver un lien avec la paroisse ou un lieu saint ?

Lorsque les visites sont compromises et les rassemblements de fidèles contrariés par les prescriptions sanitaires, des chemins de traverses s’ouvrent à notre imagination pour trouver des compromis. Nos responsables nationaux nous ont encouragé, par une simple phrase, à nous concentrer sur nos animations locales, à investir les réseaux sociaux, les pistes étaient tracées !

Nous pensions vraiment pouvoir nous rassembler, sans célébration aucune, le jour de l’Ascension à notre magnifique pèlerinage d’Orcival. Le Curé de la Basilique avait prévu un accueil permanent sur toute la journée. C’était sans compter sur le zèle du Sous-préfet d’Issoire qui a intimé au recteur d’Orcival de fermer les portes millénaires du sanctuaire sous prétexte d’un éventuel cluster ecclésial ! J’ai dû même envoyer un sms à tous mes contacts pour les dissuader de monter au pèlerinage en vain. La nuit portant conseil, je décidai de proposer notre pèlerinage en étape sur des époques différentes avec les plus motivés et les familles fidèles de ces occasions. Le dimanche qui suivait nous nous retrouvions en plein air une bonne cinquantaine à gravir et à méditer le chemin de Croix à toutes nos intentions. Une belle louange devant la Sainte dans la Basilique ouverte précédait un pique-nique éclaté par famille, et un temps de ressourcement à la fontaine de la petite chapelle.

Quelques séances de catéchèses ont encore pu être organisées dans l’une ou l’autre famille en juin. Puis un chanceux pèlerinage en veillée pour honorer la Vierge Sainte de Montgaon ou nous étions une centaine, voyageurs et sédentaires à processionner avec un chapelet animé sur des textes de la mission. Nous recevions ensuite avec joie Frantz et Cathy, Bernard et Belly avec leur camping-car sur notre site. C’était pour nous l’occasion de mini-missions proposées directement sur les terrains des voyageurs. Tous les deux soirs, après un coup de téléphone favorable, nous nous retrouvions à l’extérieur,  vers 21h , à louer, enseigner, partager et prier les uns pour les autres dans un souffle divin qui lui, n’était pas confiné du tout par tant de proximité fraternelle ; les grâces pleuvaient malgré la chaleur de certains soirs : Maringues, les Martres de Veyre, Neschers …

Nous n’avons pas pu résister à l’envie de monter chercher le frais à Orcival et le souffle de Jésus se manifesta au-delà de toute espérance. Notre grand feu était allumé au-devant de la petite chapelle de la source et la double porte du mini sanctuaire ouverte comme les bras de tendresse de la maman qui veut nous offrir la joie divine du Père des miséricordes. Nos chants et nos prières s’élevaient vers le ciel comme ces grandes flammes qui éclairaient la nuit de l’été. Une assemblée de louange envahissait le petit local qui recevait alors les actions de grâce de ceux qui venaient, à nouveau, d’expérimenter dans leur cœur ou dans leur corps la bienveillance de Jésus pour ses frères et sœurs ! Les batteries de la Foi étaient alors rechargées pour plusieurs semaines, de quoi témoigner de l’Espérance qui habite en nous.

Heureusement y a-t-il eu ces temps de grâce pour persévérer dan la prière personnelle ou en famille, car le confinement revenait et il ne nous restait que les funérailles pour nous rassembler ça et là autour de nos chers défunts. Ces célébrations nous ont donné l’occasion de partager notre peine et notre foi dans les cimetières qui accueillaient des assemblées respectueuses des consignes, excepté le nombre ; car les autorités permettaient ces hommages aux parents les plus proches, qui sont souvent nombreux. Les chaînes de prières ne cessaient de stimuler nos portables pour des intentions sérieuses que certains osent partager ; il y a pourtant, en ces temps difficiles, beaucoup de familles qui se replient sur elles-mêmes !     

Nous prions le Seigneur Jésus pour plus de sollicitudes fraternelles et plus de confiance avec les priants des aumôneries … La prière est encore plus rapide que nos sms maladroits et manifeste au-delà de la honte, les bienfaits de l’intercession généreuse des fidèles.

Persévérons ces chemins et n’hésitons pas à nous aventurer sur des voies nouvelles, Jésus nous attend à tous les instants, il nous précède dans nos initiatives et nous bénie chaque fois en vérité.

Jacques Bonnant-Michel, Puy de Dôme.

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