Une session d’été à Paray-le-Monial

« Venez et vous verrez »

Plus de 200 caravanes se sont donné rendez-vous pour la session d’été des Voyageurs à Paray-le-Monial, du 12 au 17 juillet 2022. De nombreux temps forts ont jalonné cette semaine qui a rassemblé les familles autours du thème « Venez et vous verrez ».

« À Paray, il y a quelque chose de différent. Dans tous les autres pèlerinages, c’est la Vierge Marie qui apparaît. Ici, Jésus apparaît à Marguerite-Marie et lui révèle son Cœur.  C’est extraordinaire, parce qu’on fait cette rencontre avec le Christ », remarque Bébé de Lure. Ce lieu des apparitions de Jésus dévoilant « son cœur brûlant d’amour pour tous les hommes » en 1671, continue d’attirer des foules. Et depuis plus de 30 ans, les gens du voyage s’y retrouvent régulièrement. Cette année, quelque 200 caravanes, soit près de 500 voyageurs, ont stationné autour du grand Chapiteau du terrain des Vernays.

Champion, responsable de la logistique du terrain, relève aussi une autre particularité. « À Paray-le-Monial, on vient en session, c’est beaucoup plus cadré et organisé que dans les autres pèlerinage où on visite un sanctuaire ».

Louange à 9h…

Et de fait, les journées de la session sont bien remplies. Le planning s’aligne en partie sur celui de la session des sédentaires qui se tient à quelques kilomètres, au pied de la basilique. Chaque jour commence à 9h par la louange suivie d’un temps d’adoration puis de la messe à 11h. Après le déjeuner, une réunion logistique permet de veiller à la bonne organisation sur le terrain. De 14h à 16h, une session est spécialement organisée pour les enfants et les jeunes par classe d’âge, avec un temps auprès du Saint Sacrement. Un spectacle de marionnettes évoquant une scène biblique clôt la séance des plus jeunes. Pendant ce temps, les prêtres visitent les caravanes. À 16h30, quelques groupes s’organisent sous le chapiteau autours de divers thèmes : la préparation au baptême, de la confirmation et de la communion des adultes. Un autre groupe a été constitué autour de la question: « pourquoi être catholique aujourd’hui ? » Une veillée de prière avec des témoignages clôt la journée.

Vers le baptême

Cinq familles se sont inscrites au temps de préparation au baptême animé par Ange et Steve. Les parents du petit Nelson expliquent qu’ils souhaitent le baptême pour que leur fils «  devienne enfant de Dieu et que son nom soit inscrit dans les Cieux ». Une mère et ses deux enfants adolescents veulent par le baptême « entrer dans l’Église ». Steve insiste sur l’importance de la transmission par les parents, lui qui a été baptisé dès le plus jeune âge mais qui n’a découvert la foi qu’à 39 ans parce que ses parents ne lui avaient jamais parlé de Jésus ! Le baptême « c’est une graine qui vit. Il faut l’arroser pour qu’elle soit belle et c’est aux parents de le faire», témoigne Monika. Elle exprime sa confiance dans ce sacrement en évoquant son fils baptisé et aujourd’hui adulte. « Je sais qu’un jour le Seigneur va le relever ». Ange rappelle pourquoi on a besoin d’être baptisé en reprenant des textes de la Bible et en concluant : « sans le baptême on est aimé de Dieu mais avec le baptême on devient enfant de Dieu… Quand je baptiste, j’aime bien dire j’ai un nouveau frère en Christ. On ne dit pas celui-ci est Manouche, Africain ou autre, non. Il est mon frère ! »

Je te tiendrai la main

Le soir, le chapiteau s’illumine et après un temps de louange, des voyageurs et des sédentaires ont témoigné de leur foi. « C’est une bénédiction pour moi de partager ce temps avec vous » a ainsi lancé le Père Luc avant de faire partager sa conversion au cours d’une des 5 veillées de la session. Originaire des Saintes-Maries-de-la-Mer, celui qui est aujourd’hui prêtre à Montpellier a vécu une enfance difficile. Abandonné à la naissance par son père, il connaît le placement en foyer, la violence d’un beau père en qui il avait mis toute sa confiance, sa mère battue, l’abandon de ses deux frères aînés, le suicide de son beau père… Adolescent, Luc devient lui aussi violent. Mais voilà qu’à 14 ans, entrainé par sa mère à une conférence, il est frappé par les paroles du Pasteur Wilkerson sur « Jésus, Dieu fait homme pour sauver l’homme ».  Il se souvient : « je pleurais alors que je  n’avais plus pleuré depuis l’âge de 10 ans, que j’étais devenu dur, orgueilleux et violent.  Je voulais tout connaître de cet homme nommé Jésus ». Le père Luc prend alors un chemin de conversion qui le conduit au séminaire à 20 ans. Il devient prêtre à 27 ans. « Si on veut permettre à Dieu de recoudre sa vie, la meilleur façon est de dire à Jésus, je te donne tout, je te fais confiance ». Avant de conclure, le père Luc évoque le psaume 23 et poursuit : « Dieu n’a jamais dit parce que tu crois en moi, tu n’auras pas de soucis, mais, je te tiendrai la main ».

« Le témoignage est important car on est tous appelés à faire grandir l’Eglise », encourage Steve.

Frères et sœur en Christ

Ce fut une belle semaine, riche en témoignages et mais aussi en rencontres. Pour Bébé de Lure, ce temps à Paray-le-Monial « est extraordinaire. Il y a toutes les ethnies, Manouches, Yénisch, Tsiganes, Roms, sédentaires… Ce beau mélange est important quand on voit la montée des égoïsmes, du sectarisme, des extrémismes d’un coté ou de l’autre… Il n’y a plus de juste équilibre. Ici on est tous ensemble, on est tous frères et sœurs en Christ. On va chez les uns et les autres, boire un café même si on ne le connaît pas. On a besoin de cela. Les rencontres peuvent faire changer d’attitude », affirme Bébé de Lure.

Mais, lance Steve pendant la veillée, 24h avant que chacun ne reprenne la route, « ce n’est pas le tout de vivre une belle semaine à Paray. Il ne faut pas laisser sans effet les grâces reçues ! »

Marie-Cantalis

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