Une session d’été à Paray-le-Monial

« Venez et vous verrez »

Plus de 200 caravanes se sont donné rendez-vous pour la session d’été des Voyageurs à Paray-le-Monial, du 12 au 17 juillet 2022. De nombreux temps forts ont jalonné cette semaine qui a rassemblé les familles autours du thème « Venez et vous verrez ».

« À Paray, il y a quelque chose de différent. Dans tous les autres pèlerinages, c’est la Vierge Marie qui apparaît. Ici, Jésus apparaît à Marguerite-Marie et lui révèle son Cœur.  C’est extraordinaire, parce qu’on fait cette rencontre avec le Christ », remarque Bébé de Lure. Ce lieu des apparitions de Jésus dévoilant « son cœur brûlant d’amour pour tous les hommes » en 1671, continue d’attirer des foules. Et depuis plus de 30 ans, les gens du voyage s’y retrouvent régulièrement. Cette année, quelque 200 caravanes, soit près de 500 voyageurs, ont stationné autour du grand Chapiteau du terrain des Vernays.

Champion, responsable de la logistique du terrain, relève aussi une autre particularité. « À Paray-le-Monial, on vient en session, c’est beaucoup plus cadré et organisé que dans les autres pèlerinage où on visite un sanctuaire ».

Louange à 9h…

Et de fait, les journées de la session sont bien remplies. Le planning s’aligne en partie sur celui de la session des sédentaires qui se tient à quelques kilomètres, au pied de la basilique. Chaque jour commence à 9h par la louange suivie d’un temps d’adoration puis de la messe à 11h. Après le déjeuner, une réunion logistique permet de veiller à la bonne organisation sur le terrain. De 14h à 16h, une session est spécialement organisée pour les enfants et les jeunes par classe d’âge, avec un temps auprès du Saint Sacrement. Un spectacle de marionnettes évoquant une scène biblique clôt la séance des plus jeunes. Pendant ce temps, les prêtres visitent les caravanes. À 16h30, quelques groupes s’organisent sous le chapiteau autours de divers thèmes : la préparation au baptême, de la confirmation et de la communion des adultes. Un autre groupe a été constitué autour de la question: « pourquoi être catholique aujourd’hui ? » Une veillée de prière avec des témoignages clôt la journée.

Vers le baptême

Cinq familles se sont inscrites au temps de préparation au baptême animé par Ange et Steve. Les parents du petit Nelson expliquent qu’ils souhaitent le baptême pour que leur fils «  devienne enfant de Dieu et que son nom soit inscrit dans les Cieux ». Une mère et ses deux enfants adolescents veulent par le baptême « entrer dans l’Église ». Steve insiste sur l’importance de la transmission par les parents, lui qui a été baptisé dès le plus jeune âge mais qui n’a découvert la foi qu’à 39 ans parce que ses parents ne lui avaient jamais parlé de Jésus ! Le baptême « c’est une graine qui vit. Il faut l’arroser pour qu’elle soit belle et c’est aux parents de le faire», témoigne Monika. Elle exprime sa confiance dans ce sacrement en évoquant son fils baptisé et aujourd’hui adulte. « Je sais qu’un jour le Seigneur va le relever ». Ange rappelle pourquoi on a besoin d’être baptisé en reprenant des textes de la Bible et en concluant : « sans le baptême on est aimé de Dieu mais avec le baptême on devient enfant de Dieu… Quand je baptiste, j’aime bien dire j’ai un nouveau frère en Christ. On ne dit pas celui-ci est Manouche, Africain ou autre, non. Il est mon frère ! »

Je te tiendrai la main

Le soir, le chapiteau s’illumine et après un temps de louange, des voyageurs et des sédentaires ont témoigné de leur foi. « C’est une bénédiction pour moi de partager ce temps avec vous » a ainsi lancé le Père Luc avant de faire partager sa conversion au cours d’une des 5 veillées de la session. Originaire des Saintes-Maries-de-la-Mer, celui qui est aujourd’hui prêtre à Montpellier a vécu une enfance difficile. Abandonné à la naissance par son père, il connaît le placement en foyer, la violence d’un beau père en qui il avait mis toute sa confiance, sa mère battue, l’abandon de ses deux frères aînés, le suicide de son beau père… Adolescent, Luc devient lui aussi violent. Mais voilà qu’à 14 ans, entrainé par sa mère à une conférence, il est frappé par les paroles du Pasteur Wilkerson sur « Jésus, Dieu fait homme pour sauver l’homme ».  Il se souvient : « je pleurais alors que je  n’avais plus pleuré depuis l’âge de 10 ans, que j’étais devenu dur, orgueilleux et violent.  Je voulais tout connaître de cet homme nommé Jésus ». Le père Luc prend alors un chemin de conversion qui le conduit au séminaire à 20 ans. Il devient prêtre à 27 ans. « Si on veut permettre à Dieu de recoudre sa vie, la meilleur façon est de dire à Jésus, je te donne tout, je te fais confiance ». Avant de conclure, le père Luc évoque le psaume 23 et poursuit : « Dieu n’a jamais dit parce que tu crois en moi, tu n’auras pas de soucis, mais, je te tiendrai la main ».

« Le témoignage est important car on est tous appelés à faire grandir l’Eglise », encourage Steve.

Frères et sœur en Christ

Ce fut une belle semaine, riche en témoignages et mais aussi en rencontres. Pour Bébé de Lure, ce temps à Paray-le-Monial « est extraordinaire. Il y a toutes les ethnies, Manouches, Yénisch, Tsiganes, Roms, sédentaires… Ce beau mélange est important quand on voit la montée des égoïsmes, du sectarisme, des extrémismes d’un coté ou de l’autre… Il n’y a plus de juste équilibre. Ici on est tous ensemble, on est tous frères et sœurs en Christ. On va chez les uns et les autres, boire un café même si on ne le connaît pas. On a besoin de cela. Les rencontres peuvent faire changer d’attitude », affirme Bébé de Lure.

Mais, lance Steve pendant la veillée, 24h avant que chacun ne reprenne la route, « ce n’est pas le tout de vivre une belle semaine à Paray. Il ne faut pas laisser sans effet les grâces reçues ! »

Marie-Cantalis

PELERINAGE DE LOURDES 2022

Mario Lamberty et Sandra donnent ici un beau témoignage sur ce qu’ils ont vécu à Lourdes pendant le pèlerinage du mois d’août.

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Mt 25,40

Cette parole nous touche beaucoup. À travers cette parole nous avons eu à cœur de passer du temps avec les voyageurs qui viennent à la Cité-Saint-Pierre de Lourdes, ce lieu mis à la disposition pour les Voyageurs qui n’ont pas les moyens matériels ou financiers de venir sur les emplacements pour les caravanes ou de louer des chambres dans les hôtels.

Souvent ces voyageurs ont des témoignages extraordinaires.

Nous avons célébré des messes sur place. Des personnes ont fait leurs baptêmes ou leurs 1 ère communion avec les diacres et les rachaïs présents sur place. Nous avons fait beaucoup de partage.

Enfin nous avons fait une réunion de prière  magnifique ou beaucoup de personnes installées sur dautres places sont venues.

Merci à vous, merci pour eux.

Mario Lamberty et Sandra

L a Roulotte pour Lourdes !

Édito

Cette année 2022 est marquée pour nous par la reprise des pèlerinages, petits et grands !  Enfin, et quelle joie de se retrouver sur les terrains, les chapelles, les sanctuaires un partout en France !

Le pèlerinage national des Saintes-Maries-de-la-Mer s’est très bien déroulé, avec comme toujours un peu de pagaille pour les processions, mais nous étions nombreux à être revenus auprès des saintes Sara, Marie-Jacobé et Marie-Salomé. Les anciens ont soutenu efficacement la nouvelle équipe !

Et maintenant, en route vers Lourdes !

L’entrée sur les terrains sera le mercredi 17 août à 14h cette année, parce que le pèlerinage national des Gadjés, juste avant, se termine seulement le 16 août. Notre pèlerinage se terminera le mercredi 24 août après la messe à la grotte (programme page suivante).

Pour accueillir les pèlerins, pour la pastorale sur les terrains, la catéchèse, les célébrations, pour animer les veillées, nous aurons besoin de toutes les bonnes volontés. Les équipes d’aumônerie, les rachaïls et les diacres, les animateurs anciens et nouveaux, les musiciens sont attendus de pied ferme !

N’ayez pas peur de revenir à Lourdes, n’ayez pas peur de retrouver vos frères, n’ayez pas peur de venir servir, prier… Deux années d’interruptions, les projets annulés, les épreuves et les confinements nous ont parfois rendus un peu mous et peureux. Vous êtes attendus !

Bon été, bonnes missions itinérantes, bon repos et bons pèlerinages ! Que Dieu vous bénisse ainsi que vos familles et vos proches !

Père Vincent Bedon, au nom de toute l’équipe de Lourdes

64e pèlerinage des gens du Voyage – Lourdes, août 2022

Programme simplifié

Version du 29 juin 2022

Entrée sur les terrains le mercredi 17 août à partir de 14 heures. En effet, le pèlerinage national des Gadjés se terminera cette année seulement le mardi 16 août 2022.

Jeudi 18 août 2022

20h, chapiteau du Grand terrain                               Veillée d’accueil

Vendredi 19 août

 20h,  église Sainte-Bernadette (côté Carmel)   Bénédiction des familles

Samedi 20 août

20h, église Sainte-Bernadette,                               Sacrement de réconciliation

Dimanche 21 août

21h, sanctuaire                                                           Procession mariale aux flambeaux

Lundi 22 août

15h, Espélugues                                                         Chemin de Croix (pour les valides)

15h, bord du Gave                                                     Chemin de Croix (avec les personnes malades)

20h30, au chapiteau :                                               Veillée autour de sainte Bernadette

Mardi 23 août 2022

10h, sur les terrains                                                  Messes pour les défunts

12h30, Calvaire des Bretons                                  Procession vers la Grotte avec les cierges

20h30, Grand terrain                                                Veillée pour tous animée par les jeunes

Mercredi 24 août

 10h, Grotte                                                                   Messe finale

 11h, Grotte                               Passation de la statue de ND des Gitans à la région PACA

Pèlerinage de Lourdes, août 2022

Fiche d’inscription à renvoyer à       Père Vincent BEDON – 3 rue de la Trinité – 75009 PARIS

Ou par mail à : vincentbedon@gmail.com

Avant le 22 juillet 2022                         MERCI !

Nous avons besoin de volontaires, surtout après deux années d’arrêt, pour les services et les grands temps de prière. Alors merci de vous inscrire !

Attention, sur cette fiche, nous n’indiquons pas les différents terrains car nous n’avons pas encore reçu la liste définitive de la mairie de Lourdes. Elle devrait nous être bientôt communiquée.

NOM :                                                                                          Prénom :                                                      

Merci d’indiquer si tu es prêtre ou diacre :

Adresse :                                                                                                     Code Postal :                             

Téléphone :                                                                    Email :                                                                         

Date d’arrivée :                                                          

Terrain où tu voudrais stationner si possible (ou hôtel) :                                                                       

Mettre une croix en face du service que tu peux rendre :  X

CatéchèseServiteur de la paix
JeunesProcessions
Musique et liturgieDécoration des cierges
InfirmeriePropreté
Service matérielAutre =

RAPPEL : Entrée sur les terrains le mercredi 17 août, à partir de 14h

Attention : les places qui nous sont réservées comme chaque année à la Cité Saint-Pierre sont déjà toutes prises (Est de la France cette année).

Un nouveau saint français, un converti

Charles de Foucauld a été canonisé à Rome le mois dernier

Charles de Foucauld est devenu saint lors de sa canonisation à Rome le 15 mai dernier. Ce converti est pour nous un signe d’espérance.

Né à Strasbourg en 1858, orphelin à 6 ans, Charles est élevé par son grand-père. Devenu militaire et profitant de son héritage, il mène pendant plusieurs années une vie de désordre. Pourtant le 30 octobre 1886, il cherche à rencontrer un prêtre, l’abbé Huvelin dans l’église Saint-Augustin à Paris. Celui-ci lui demande de se confesser et lui donne ensuite la communion. Charles de Foucauld a une révélation immédiate.
« Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui : ma vocation religieuse date de la même heure que ma foi : Dieu est si grand. Il y a une telle différence entre Dieu et tout ce qui n’est pas Lui, » écrira-t-il.
Cette conversion le pousse à changer radicalement de vie. Il devient moine. En 1901, il s’installe dans un ermitage à Beni Abbès, au milieu des populations berbères du Sahara algérien. Mais le 1er décembre 1916, il est assassiné à la porte de son ermitage.

Sa conversion est un signe d’espérance pour ceux qui nous entourent et qui ne connaissent pas Jésus.

Il laisse de nombreux écrits. Cette prière est issue d’une de ses méditations dans laquelle il cherchait à rejoindre la prière de Jésus sur la croix. Dans les moments d’épreuve, cette prière peut nous aider à garder notre confiance en Dieu.

Mon Père,
Je m’abandonne à Toi,
Fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi,
Je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté́ se fasse en moi,
Et en toutes tes créatures.
Je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains,
Je te la donne, mon Dieu,
Avec tout l’amour de mon cœur,
Parce que je t’aime,
Et que c’est un besoin d’amour de me donner,
De me remettre entre tes mains sans mesure,
Avec une infinie confiance,
Car tu es mon Père.

Des Voyageurs en synode !

A Hénin-Beaumont, le 12 février, les gens du Voyage se sont réunis pour le Synode

Le pape François a lancé sous le nom de « Synode » une grande consultation pour repenser l’organisation et la vie de l’Eglise afin de mieux annoncer l’Evangile dans le monde d’aujourd’hui. Répondant à cet appel du pape, l’Aumônerie catholique des Voyageurs de la province du Nord a organisé le 12 février à Hénin-Beaumont une journée de réflexion. La Roulotte se fait l’écho de témoignages recueillis dans le trimestriel de l’Aumônerie « Romano Pral ».

«Avec tous les Voyageurs, nous avons parlé et échangé sur le synode. Le pape François nous invite à dire ce qui pourrait faire grandir l’Eglise. Je pense que c’est l’Esprit Saint qui doit nous conduire tous ensemble sur le chemin de Jésus avec nos différences et nos cultures à l’image de Jésus qui nous aime tel que nous sommes. Marchons avec lui dans la fraternité. L’Eglise c’est nous tous, frères et sœurs. Il faut plus de charité, plus d’écoute entre nous pour que l’Eglise grandisse et se fortifie. Cassons les barrières qu’il y a
entre nous, ne laissons personne sur le bord du chemin » (Béba)
« L’Eglise ça veut dire transformer ton cœur en plus grand. » (Shirelle)
« L’église pour nous c’est les pèlerinages, c’est là qu’on se sent bien, c’est toute notre vie.»
« Dans les paroisses, on est pas toujours à l’aise, le prêtre ne nous dit pas bonjour et au revoir »
« Certains ont peur quand ils savent qu’on est Voyageurs. On pourrait faire des rencontres en préparant avant pour que ça se passe bien ».
« J’ai bien aimé les partages, de parler librement. Ce qui m’a frappée, c’est le visage de Bartimée. Il a été guéri par Jésus. Il avait une grande foi. J’ai aimé aussi les partages de l’après-midi en petits groupes sur l’Eglise. On a mangé ensemble. C’est important de vivre en communauté. Merci Seigneur pour la joie de nous retrouver ensemble pour vivre cette journée ! » (Lolita)
« Ce fut une belle journée bénie. Les 3 diocèses étaient représentés, avec les rachais et sœur Bernadette. Chacun a pu s’exprimer et nous avons célébré ensemble la messe avant de nous quitter. Comment avoir la parole dans l’Eglise ? Il faut organiser des rencontres, des partages, des témoignages, des célébrations avec le monde sédentaire. Pour moi, le synode doit aider à ce qu’il y ait de nouveaux ministères reconnus dans l’Eglise catholique, avec des gens issus du peuple, avec nos frères du Voyage, qui, très longtemps n’ont vraiment jamais eu la parole dans notre Eglise et ne trouvent pas leur place. Jeanine de Valenciennes me disait souvent : « Tu vois, mon petit Robert, nous, on est ce peuple des haies et des buissons. Il faut aller chercher les gens là où ils vivent. Et les ramener dans la salle des noces, comme Jésus le dit ». C’est une parabole de l’Evangile. Ces paroles m’ont toujours touchées. »
« Dans la matinée, nous avons partagé sur la rencontre de Jésus avec Bartimée que Jésus a guéri. Comme Bartimée on doit jeter nos vieux manteaux pour aller vers Jésus. On peut tout lui demander : « Seigneur guéris moi! » de la maladie, de la peur… L’après -midi on a parlé du synode. J’ai compris que c’est l’Eglise qui se met en marche, avec tous nos frères et nos sœurs. En priant le Saint-Esprit. On s’est mis en petits groupes pour partager, en s’écoutant les uns les autres. Pour nous l’Eglise ce n’est pas d’abord une église de briques, avec des murs. Elle est faite d’hommes, de femmes et d’enfants, de tous milieux, de toutes cultures, qui marchent ensemble… Chacun nous avons notre place. L’Eglise, c’est notre maison. (Robert)
« Je prie le chapelet avec d’autres personnes qui ne sont pas des Voyageurs ».

Pèlerinage à Medjugorje

Bonjour à tous, je vous partage ce petit témoignage de ce que nous avons vécu cette année. C’est un plaisir pour moi de pouvoir partager cela avec vous. Nous sommes partis en pèlerinage à Medjugorje qui se trouve en Bosnie-Herzégovine. Nous avons vécu un moment fort et avons créée des liens de fraternité entre frères en Christ avec le père Charles Dubois, nouveau responsable diocésain du Var. Comme tout le monde avec cette période difficile due au coronavirus, nos activités dans le diocèse ont été bien sûr compliquées mais nous avons pu vivre quand même quelques beaux moments tels que la messe de Noël, ce pèlerinage en Bosnie et bien sûr quand la situation sanitaire nous permet, nous avons toujours tenu nos groupes de prière qui ont eu lieu à la paroisse de La Farlède. Aussi, nous avons vécu un joli moment de pèlerinage à la Sainte Baume le dimanche 26 juin.

Nous sommes dans l’espérance de pouvoir nous retrouver tous au pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer cette année, bien sûr si les conditions nous permettront. Voilà les nouvelles dans le diocèse du Var, toujours dans l’espoir de pouvoir repartir de nouveau avec des beaux projets pour notre diocèse et notre région. En union fraternelle avec vous tous lecteurs de la Roulotte.

Ange Garcy 

Aimez vos ennemis !

Homélie de Monseigneur André Dupuy à Lourdes, le dimanche 20 février 2022

L’homélie de Mgr Dupuy* a beaucoup plu aux Voyageurs présents à Lourdes le dimanche 20 février pour préparer le pèlerinage de cet été. C’est un texte fort et beau sur l’Évangile de Luc (6, 27-38). Monseigneur Dupuy a accepté de nous le donner son texte pour que tous les Voyageurs puissent le méditer. En voici de larges extraits :

Texte de l’Évangile :

« Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament.

À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas.

Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.

Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant. […]

Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants.

« Montrez-vous miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux.  Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés; remettez, et il vous sera remis.

Donnez, et l’on vous donnera; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour. »

Le chemin que traçaient dimanche dernier les Béatitudes serait-il réservé à des géants de vertu ? S’il est difficile d’être à la fois heureux et pauvre, heureux et affamé, heu­reux et persécuté, que dire des paroles que nous venons d’en­tendre !   « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. » Ou encore: « à celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre…» Seigneur, tu sais de quelle étoffe nous sommes faits ! Comment tesatisfaire ?

Homélie

L’Évangile à contre-courant !

L’Évangile – c’est clair! – ne s’ajuste pas à nos manières de penser et d’agir. Nous avons ancré dans la tête que le mal ne sera contenu que si nous lui oppo­sons de fortes barriè­res, que la paix ne peut être gagnée que par la force des armes, qu’elle ne se prépare qu’à condition d’en forger de nouvelles. Comment aller à contre-courant de l’opinion commune ?

L’amour sans limites

En saint Luc, Jésus, quand il prononce son discours, est encore dans la plaine à l’endroit où il a proclamé les Béatitudes. Il les parachève en invitant ceux qui l’écoutent à dépasser la stricte application de la Loi. Il ne s’adresse pas qu’aux dis­ciples, mais également à ceux qui sont obnubilés par les règles et n’arrêtent pas d’y déroger. Son propos n’est pas d’un maître de sagesse, il ne débouche pas sur un code de prescriptions morales. Tendre la joue gauche à qui vous frappe la droite, donner sa tunique à qui vous prend le manteau, faire aux autres ce que l’on aime­rait qu’ils nous fasse n’est qu’un un exemple des Béatitudes.

La règle d’or est simple: l’amour n’a pas de limites, l’amour est gratuit, l’amour s’étend à tous. Il « doit se vérifier dans les actes plus que dans les paro­les », dit saint Ignace dans ses Exercices spirituels. Ce que saint Luc formule au moyen de quatre verbes: aimer, faire le bien, sou­haiter du bien, prier. Une norme de conduite qui va à l’encontre de la vengeance, des représailles. Elle ignore ceux qui n’atten­dent réparation que de la violence. «  Quand j’entre dans la logique d’accuser, de maudire, de chercher à faire du mal à l’autre, dit le pape François, j’entre dans la logique du grand accusa­teur qui est destructeur, la logique de Satan.»

Vaincre le mal par le bien

Impossible, après avoir entendu les paroles de Jésus, de ne pas réa­liser com­bien notre conduite habituelle est contraire à la volonté de Dieu. Les paroles de Jésus nous ébranlent, nous somment de mettre en cause nos valeurs. Que le croyant ne se prétende ni pieux ni vertueux mais qu’il se conduise selon la Parole, qu’il se nourrisse d’elle. C’est un programme de conversion qui nous est proposé,: ne pas seulement faire bien mais faire mieux, dans l’espoir que le mal sera vaincu par le bien. Si la peur du mal avait paralysé l’Amour, écrivait saint Jean Damascène, c’est que le mal aurait été plus fort que l’Amour. Or l’Amour a vaincu le mal. Un prédicateur très écouté à la radio dans les années soixante, le Père Mauri­ce Lelong, faisait remarquer que, si la vérité et la justice sont en échec, leurs ennemis finissent un jour par tomber. Aussi, regrettait-il que l’Église soit « infectée de représentants sans mandat qui oublient que la force du mal est moins redoutable en ce monde que la faiblesse du bien. »

Ne soyons pas « des tièdes », « des oublieux » de la Parole

La faiblesse du bien est une force !

Le tort causé à l’Église n’est pas le fait de ses adversaires, mais des chrétiens attiédis, disait Benoît XVI aux jeunes. Des attiédis, c’est peu dire sans doute; des oublieux de la Parole. Le philosophe con­verti Maurice Clavel n’était pas un attiédi. En 1979, à l’occasion de son décès, le directeur d’un grand hebdomadaire qui ne partageait pas sa foi, lui rendit hommage en des termes qui définissent parfaitement le chré­tien : «Avec Clavel, on avait toujours l’impression de rencontrer un être accompa­gné. »

Poser un geste d’amour là ou la vengeance est attendue

Cet accompagnement du Ressuscité ne sera réel que si nous savons pardon­ner à ceux qui nous ont fait du mal, accomplir un geste d’amour et de mi­séricorde là où n’est attendu qu’une riposte de vengean­ce ou de haine. Décréter que vain est le combat contre le mal s’il ne porte atteinte au mauvais, est démenti par la con­duite de David envers le roi Saül (1Sm 26, 2.7-9.12-13.22-23). Le jeune David, futur roi d’Israël, se trouve en position d’exterminer le malfaisant Saül. Il l’épar­gne. Une conduite qui détonne dans l’Ancien Testament. La clémence de David a pour effet d’apaiser Saül, ou, pour reprendre un mot du pape François, de « faire éclater comme une bulle de savon » sa jalousie : il re­connaît un fils dans son vainqueur. Leçon de la miséricorde de David : il n’appar­tient qu’au Seigneur de châtier.

Aimez vos ennemis

Dieu nous commande d’ignorer la rancune et la rivalité. C’est cela, l’agapé: pas de minima transactionnels, pas de com­promis longtemps médités et pondérés. Une obligation charitable. Tout le discours de Jésus est à l’impératif.

« Aimez vos ennemis.» Ce n’est pas un horizon, c’est un commandement qui inver­se la norme. Jésus ne dit pas : « n’ayez pas d’en­nemis ». Ce sont les faux prophètes qui cherchent la bonne entente avec tous !

Des ennemis, des gens qui nous traitent en enne­mis, nous en aurons toujours. Est-ce à désespérer ? Jésus n’a jamais fait l’unanimi­té, pire, il a provoqué l’hostilité.

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricor­dieux » (Lc 6, 36) est le point central du texte évangélique. Il rappelle à ceux qui veulent bien écouter, le devoir de se dépasser en toute occasion. Se dépasser ! En ce temps de jeux olympi­ques, paraphrasant la devise ori­ginelle – inspirée du Père Henri Didon et reprise par Pierre de Coubertin – « plus vite, plus haut, plus fort », nous pourrions dire : plus de respect, plus de miséricorde, plus de pardon !

Plus de respect

Plus de respect. Tous les moyens ne sont pas bons pour soutenir une opinion! Ni mépris, ni médisance, ni parole blessante, ni sentiment de haine. En période de forte radicalisation des conflits, l’attitude de David est éclairante. Elle est fondée sur le respect dû à Saül qui a été oint par le Seigneur: il est roi. Respecter son ennemi en l’affrontant –  je dis bien « en l’affrontant », car c’est un devoir de ne pas se laisser bafouer. 

Plus de miséricorde

Plus de miséricorde. Regarder notre adversaire autrement que poussés par nos reproches, ne pas l’enfermer dans le rappel impitoyable de ses erreurs, voire de son crime. La miséricorde n’est pas la tolérance, elle n’a pas de domai­ne réservé, elle s’exerce aussi bien au ras du sol, dans le plus médiocre quotidien : à l’égard du voisin détestable et détesté, du conjoint insupportable et malmené, de l’enfant amoureusement choyé devenu mécon­naissable, du frère et de la soeur qui se crêpent le chignon pour un héritage… j’en passe. N’ayons pas l’illusion que l’on se surpasse uniquement sur les cimes.

Plus de pardon

Plus de pardon. À son procès, Jésus n’a pas condamné ceux qui l’ont insulté, flagellé, couronné d’épines, crucifié. Sur la croix, il n’a pas crié vengeance mais imploré le pardon pour ses bourreaux – ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Le désir de vengeance ne peut être guéri que dans et par la prière, en essayant de vivre le commandement : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricor­dieux.» Le Père « pardonne toutes les offenses, guérit de toute maladie », chante le psalmiste (Psaume 102, 3). S’efforcer à être miséricordieux, quelle spirale !

Regarder l’autre avec le regard de Jésus

En chacun de nous fait rage ce que le pasteur Martin Luther King appelle une « guerre civile ». Abel et Caïn coexistent. Reconnaissons-nous impar­faits. Regardons-nous et regardons les autres avec le regard que Jésus pose sur ses disci­ples le soir du Jeudi Saint, quand, à genoux, il lave les pieds de Judas qui l’a déjà vendu, de Pierre qui va le renier, de ceux qui pren­dront le large avant la crucifi­xion. Ne donnons pas comme réplique au mal le mal. « Fatigue la méchan­ceté par ta patience », re­commande magnifiquement le père de l’Église Tertullien.

Admirer un sourire, oublier une grimace

Ah ! Que les Béatitudes sont un chemin difficile ! Permettez-moi, au moment de conclure, d’en proposer néanmoins deux autres. Un militant catholi­que lyonnais du siècle dernier, Joseph Folliet, suggère : « Heureux êtes-vous, si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace : votre route sera ensoleillée. Heureux êtes-vous, si vous savez vous taire et sourire quand même, lorsqu’on vous coupe la parole, lorsqu’on vous contredit ou qu’on vous marche sur les pieds, l’Évangile commen­ce à pénétrer dans votre cœur.» Courage : Il n’y a pas de petits commencements.

*Originaire de Souston dans les Landes, Monseigneur André Dupuy a été ordonné prêtre en 1972 et nommé évêque en 1993. Entré au service diplomatique du saint siège en 1974, il est allé en Tanzanie, aux Pays Bas, au Liban, d’Iran, Irlande, à la Mission permanente du Saint-Siège auprès des Nations Unies, à New York en tant que conseiller (1991 – 1993). Il a ensuite été nommé nonce apostolique au Ghana, puis au Togo, au Benin, au Venezuela et auprès de la Communauté européenne.

À Dieu Paul !

Le Père Paul Constantin, aumônier des Gens du Voyage d’Alençon est mort en septembre dernier à l’âge de 82 ans.
C’est en 2008 que le père Paul Constantin rejoint la toute nouvelle aumônerie des gens du Voyage créée à Alençon. Soeur Gisèle, responsable de cette antenne le rencontre par hasard et lui expose la nécessité pour l’aumônerie d’avoir un prêtre accompagnateur. Touché par cette demande, le père Paul Constantin se propose.

« Il est prêtre d’aumônerie, de jeunes, de personnes démunies, un prêtre ouvrier qui s’occupe des quartiers, un prêtres qui allait vers les autres », se souvient Joseph Lulek, qui est membre de l’aumônerie depuis l’origine et qui est devenu diacre à Alençon en novembre 2009. « Le père Paul Constantin est resté 6 ans avec nous avant de tomber malade. Il venait sur le terrain, célébrait les baptêmes, les mariages. Il prenait vraiment à cœur ce temps de rencontre, de partage, de célébration avec les gens du voyage. Il aimait partager leur vie, aller au devant d’eux ; il était proche, dans la fragilité des plus pauvres », rappelle Joseph Lulek aujourd’hui le responsable de l’aumônerie. Ce diacre voyageur aime aussi rappeler le caractère « bon vivant, joyeux et festif » du père Paul Constantin qui aimait préparer des célébrations animées et joyeuses. Il donnait tous les ans un coup de main pour préparer la fête laïque « d’ici et d’ailleurs » à Alençon au mois de mai pendant laquelle des personnes d’origines diverses tiennent un stand pour faire connaître leur culture à travers le dialogue, les livres, la musique, les photos ou encore la cuisine.
« Il aurait tout donné pour que le monde soit heureux », conclu Joseph Lulek.
Anne-Chantal POLO

Gaby LÉVÊQUE nous a quittés

Gaby Lévêque a quitté les siens à 86 ans, au mois d’août dernier.
Son séjour a marqué tous ceux qui l’ont rencontrée. Elle faisait l’admiration de tous pour son charisme et ses analyses justes et pleines du souci des autres et des plus faibles. « Changer son regard, faire tomber les préjugés en essayant de mieux connaître les gens du voyage, c’est permettre à chacun de s’enrichir de la différence de l’autre ». Ces quelques mots ont été rédigés par Gaby Lévêque il y a quelques années. Ils traduisent bien ce qui a animé son engagement et son action. En 1991, découvrant les difficultés rencontrées par les Gens du Voyage pour scolariser leurs enfants et plus généralement pour faire valoir leurs droits, Gaby Lévêque, assistante sociale et conseillère technique sociale de l’inspecteur d’académie, a su trouver l’appui du préfet pour faire circuler un camion école avec une institutrice afin de permettre la scolarisation des enfants. Une association est créée qui deviendra le Centre social spécialisé des Gens du Voyage d’Indre-et-Loire. Cette association créée avec la participation des tsiganes se dote progressivement de plusieurs services et notamment : une halte garderie, l’instruction des dossiers de revenu minimum, la domiciliation du courrier, la lutte contre l’illettrisme, la médiation avec un tsigane à sa tête, la gestion de deux antennes scolaires mobiles. Lorsque Gaby Lévêque prend sa retraite, elle se retire aussi de la direction de l’association. Elle accepte alors de son évêque sa nomination comme aumônière des Gens du Voyage du diocèse.
Elle retrouve maintenant, auprès de Dieu, du Christ et de Marie, tous ceux qu’elle a aimés et qui l’ont aimée et aidée sur son chemin.
Demandons maintenant à Gaby de poursuivre son aide sur tous les chemins qu’elle a tracés ! Prions aussi pour son mari Hubert et ses enfants.

Anne-Chantal Polo