Portrait de Michel, diacre aumônier

Michel Rabier, diacre, aumônier diocésain des gens du Voyage.


Quelle est la mission qui t’est confiée ?


La pastorale des gens du voyage
Après mon ordination le 23 avril 2006, le P. Bernard Tordi, prêtre de la paroisse à cette époque, m’a proposé de venir l’aider pour la préparation à la confirmation de quelques «gens du voyage » de la paroisse, j’ai accepté. Depuis je ne les ai plus quittés et je les accompagne, avec l’aide d’une personne : actuellement Catherine Buisson, pour la préparation des cérémonies des baptêmes, communion, confirmation jeunes et adultes, quelques mariages et funérailles. Je participe aux pèlerinages (Ars, Valfleury… )
Au début de ma vie professionnelle, avec Colette mon épouse, nous avons vécu en caravane partageant la vie des voyageurs. Nous étions aussi des voyageurs, allant de chantier en chantier en France et à l’étranger, c’est peut-être grâce à cette expérience que j’aime leur vie de nomade et que je me sens à l’aise avec eux.


Depuis quand ?


Je suis aumônier diocésain depuis septembre 2020. Mais je suis aumônier des voyageurs dans notre paroisse depuis mon ordination. La paroisse rassemble 350-400 chrétiens répartis dans les 10 communes de Saint François en Forez.
Pour les gens du voyage je suis le « Rachaille », un gadjo, nous sommes tous des gadji, c’est-à-dire n’appartenant pas à la communauté des gens du voyage.
En quoi consiste ta lettre de mission ?
C’est une délégation officielle de notre Evêque auprès des gens du voyage du diocèse. Les diacres sont souvent envoyés en périphérie de l’Eglise. J’aime bien cette définition du diaconat : « mettre les gens qui sont dehors, dedans, et ceux qui sont dedans, dehors… ». Ce n’est pas toujours très simple.
Qui sont ces gens du voyage ?
Les « voyageurs » sont issus de différentes ethnies venant au Xe siècle de l’Inde et immigrées principalement dans l’est de l’Europe ou de l’Espagne puis dans nos régions.
Ils se sédentarisent de plus en plus sur des terrains où ils laissent leur caravane et vivent dans des maisons qu’ils construisent eux même ou construites par des sociétés ou des communes comme à Saint Marcellin en Forez ou à Sury-le-Comtal.
La famille des gitans est très étendue sur le diocèse, c’est une véritable paroisse à part. Il m’est difficile de pouvoir visiter tous les paroissiens et je ne connais pas encore tous les terrains diocésains.


Un accompagnateur pour le gens du Voyage, pourquoi ?


Pour favoriser le contact et la relation.
De même qu’il y a une aumônerie pour la communauté portugaise, vietnamienne, polonaise, arménienne, italienne et les communautés africaines, il y a une aumônerie diocésaine pour les gens du voyage. Elle rassemble Catherine Buisson, une accompagnatrice qui visite les familles pour préparer les baptême ou autres sacrements, une quinzaine de voyageurs ainsi que le Père Cristinel Lucian Andreï, un prêtre roumain lazariste. Il célèbre l’Eucharistie et donne le sacrement de la réconciliation et celui des malades. Nous nous réunissons environ tous les mois et demi dans une salle de la maison diocésaine.


Quelle est l’importance de la famille pour les gens du voyage ?


Les liens familiaux ont une très grande importance notamment pour s’occuper des enfants et des personnes âgées. Lors des célébrations religieuses (principalement : baptême, communion, confirmation, funérailles), la famille et les amis viennent de toute la France. Un baptême peut rassembler 150 personnes. L’église de saint Rambert est souvent bien pleine pour des funérailles.
Les Voyageurs vont rarement à la mairie pour se marier. Ils se marient à la « mode voyageur », par entente mutuelle. De temps en temps nous célébrons un mariage religieux.
La prison fait aussi partie de leur vie. Ils me racontent, mais je ne pose jamais de question. Une petite anecdote : après une confirmation, le Père Lebrun, en visite sur un terrain, s’étonne de ne pas voir beaucoup d’hommes venus partager le café de l’amitié. « Ils sont partis chanter sous la prison pour que tous participent à la fête ».
Comment expriment-ils leur foi
La plupart des voyageurs sont catholiques (80%). Mais les évangéliques (20%) prennent de plus en plus d’ampleur dans le monde des gitans. Ils ont une façon particulière d’exprimer leur foi. Ils ont une dévotion particulière pour la Vierge Marie, les saints (curé d’Ars) et les saintes (principalement Sarah : « La Sainte » comme ils l’appellent, mais aussi sainte Rita et bien d’autres). Dans chaque lieu de vie, un coin est occupé par un petit oratoire où l’on trouve bougie, encens, statue, image, chapelet…
Les pèlerinages jouent une grande importance dans la pratique de leur foi et nous aide à approfondir la nôtre. Il leur est très difficile de prendre part à la vie d’une paroisse, à part quelques uns bien sédentarisés.
Leur foi reste simple, vraie et pleine de vie. J’ai en mémoire deux familles entières (avec 4 enfants) qui n’ont pas hésité à quitter Bouthéon, leur lieu habituel de vie, pour aller en mission dans les Alpes afin de parler de leur foi pendant 3 mois et vivre leur propre spiritualité.

La Sainte Famille s’invite dans les familles de l’Oise

L’aumônerie des gens du Voyage du diocèse de Beauvais propose cette année aux familles de voyageurs de l’Oise d’accueillir l’icône de la Sainte Famille chez eux, pendant une semaine. Avec cette icône, chaque famille pourra faire l’expérience de la prière en famille et pour la famille.

A cette occasion, les membres de l’aumônerie visitent les familles qui le souhaitent pour partager fraternellement leurs joies et leurs peines, leurs préoccupations et leurs espérances ; ils bénissent le logis et la famille qui y habite. Ensemble, ils peuvent préparer le coin prière qui accueillera l’icône de la Sainte Famille ; ils pourront se dire comment prier, avec quelles prières et à quel moment de la journée… Une semaine plus tard, une nouvelle visite permet un partage dans la louange de l’expérience vécue par la famille pendant la présence de cette icône chez elle et de l’expérience de la prière en famille.

Pour aider à prier avec une icône, l’Aumônerie invite à la regarder comme une fenêtre sur le Royaume de Dieu. Les couleurs ont une signification :

  • Le fond est en or : signe de la lumière de Dieu, il me rappelle la présence constante du Seigneur aux côtés de chacun, en arrière-plan de la vie de chacun. La lumière de Dieu offerte à tous, baignant de grâces tous ceux qu’Il aime.
  • Le fond est en rouge : signe du sang et signe de la vie. Il me rappelle que seul Dieu donne la vie à tous les hommes, il me rappelle aussi le sang versé par Jésus pour sauver tout homme. Le rouge, couleur de l’Esprit Saint que Jésus donne à tous ceux qui le demandent.
  • Jésus est en blanc et pourpre avec beaucoup d’or : blanc comme le linceul, blanc comme la lumière divine, blanc signe de la résurrection, de la vie éternelle proposée à tous à travers Jésus. Blanc comme la lumière sans aucune ténèbres car, les ténèbres, la mort ont été vaincues. Le pourpre, le vêtement impérial, de la puissance, est illuminé de beaucoup d’or. Car c’est à la manière de Dieu que Jésus est puissant.
  • Marie est en bleu recouvert de pourpre avec un liseré d’or : le pourpre est le vêtement impérial, de la puissance. L’humanité (bleu) de Marie est habillée de la puissance par Dieu. Son vêtement porte trois étoiles, car elle est vierge avant, pendant et après la naissance de Jésus.
  • Joseph est en bleu recouvert d’or : l’humanité (bleu) de Joseph est habillée de la lumière de Dieu.

Michel TISON, diacre

Interview du père Fleury, premier Aumônier national des Voyageurs

Aumônier des Voyageurs internés au camp de Poitiers

À partir du 10 mai 1942, à la demande de Mgr Pennier, curé de la cathédrale, je suis allé régulièrement trois fois par semaine au camp de Poitiers sur la route de Limoges où se trouvaient internés les nomades, gitans, tsiganes. J’y allais dire la messe le dimanche à 11h, et je revenais l’après-midi, ainsi que l’après-midi du jeudi. J’ai été très aidé dans ma tâche par Madame L’Huillier, femme d’un professeur de la faculté de Droit et par les institutrices lorraines, Mesdemoiselles Huber et Richard, qui me secondaient dans toutes mes activités, y compris religieuses, tandis qu’une assistante sociale et deux infirmières s’occupaient du service social et des soins de santé. Nous avons formé une équipe très soudée pour le plus grand bien des internés.

Sur le plan religieux, dès le 12 juillet 1942, 20 enfants qui suivaient le catéchisme, 6 garçons et 14 filles faisaient leur première communion.  À Noël de la même année, 6 autres garçons, 11 grandes filles et 7 petites filles la faisaient à leur tour dans une baraque en plâtras. Le premier juillet 1943 c’était le tour de 12 garçons et de 10 filles. Ce même jour Mgr Mesguen donnait la Confirmation à cinquante d’entre eux, dont 15 garçons, 15 grandes filles et 20 petites filles. 26 jeunes gens suivaient alors régulièrement les cours de catéchisme. Une dizaine de mariage venait d’être régularisés. Près de trente autres étaient amorcés, quand survint la catastrophe que nous ne pûmes éviter.

Le 13 janvier 1943, la plupart des hommes de seize à soixante ans furent emmenés à Compiègne pour être déportés huit jours plus tard dans les camps de la mort. Au mois de juin eut lieu un nouveau départ et seuls restèrent au camp de Poitiers les vieillards, les femmes et les enfants.

Au service de tous les internés du camp de Poitiers

Ces départs avaient été précédés, dans le camp juif voisin, par des déportations massives, à intervalles plus ou moins réguliers. Le 18 juillet 1942, sans doute en relation avec les évènements du vélodrome d’hiver à Paris, les femmes juives, déjà séparées de leurs maris qui se trouvaient en camp de travail à Saintes, furent transférées à Drancy, laissant leurs enfants à la charge d’un tout petit nombre de restantes. C’est alors que je décidai d’aller me mettre à la disposition du rabbin Elie Bloch pour me rendre au camp juif chaque fois qu’il me serait possible. Je me trouvais à pied d’œuvre pour y pénétrer, puisque la dernière baraque qui servait de chapelle aux gitans était contigüe au camp juif auquel on accédait par un portillon barbelé ou par un grand portail qui s’ouvrait parfois aux camions de ravitaillement. Je ne raconterai pas toutes les péripéties ni les ruses de Sioux que je dus employer pour aller en fraude au camp juif, dans des conditions périlleuses puisque, je le savais depuis septembre 1942, les allemands parlaient de m’arrêter.

Je veux simplement témoigner ma reconnaissance aux gitans et tsiganes qui m’ont permis de tromper la surveillance allemande et, quand les hommes ont été arrêtés, ce sont les jeunes eux-mêmes de douze ou quatorze ans qui m’ont aidé à passer. Ma reconnaissance envers eux est d’autant plus vive qu’en me protégeant moi-même, sans qu’ils pussent encore le savoir, ils m’ont permis de sauver de nombreuses vies humaines. S’il plaît à Dieu, je le raconterai dans mes « Mémoires » qu’on me demande de tous côtés d’écrire. Que ma reconnaissance fraternelle aille aussi à toutes les personnes qui m’ont aidé à poursuivre mon travail et à sauver elles-mêmes des juifs souvent au péril de leur vie ! Grâce à Dieu, tous ceux que nous avons pu cacher ont été sauvés.

À la fin de 1943, le bruit courut que les nomades de Poitiers allaient être transférés au camp de Montreuil-Bellay, près de Saumur. Je courus aussitôt chez le Préfet Régional pour lui demander de nous les laisser. Il n’aurait pas demandé mieux, mais les ordres des autorités d’occupation étaient formels.

 Le camp devait être affecté à un groupe important de femmes venant des camps de Monts, près de Tours, de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers. C’étaient, pour la plupart, des militantes communistes de la région parisienne. C’est ainsi que je devins aumônier des nouvelles internées. Qu’il me soit permis simplement de dire qu’ayant déjà, par les Tsiganes, un pied dans l’étrier, je pus continuer à travailler sur place dans des conditions souvent tragiques, en liaison avec tous les organismes de la Résistance, jusqu’au jour où avec l’appui du nouveau directeur du camp, M. Bazin, lui aussi lorrain comme par hasard, j’allai chez le Préfet Régional pour le forcer à transférer les femmes et les juifs qui restaient au collège Saint-Joseph et à l’Hôtel-Dieu. Grâce à Dieu, je pus sauver tout le monde avant le départ des Allemands.


Aumônier National des Gitans

Chargé à la Libération, de l’aide sociale aux victimes de la répression nazie dans le département de la Vienne, je ne pouvais manquer d’y inclure les gitans et tsiganes de la région. Je devais en retrouver quelques-uns lors d’une expédition menée au camp de Dachau, d’où je pus sortir en mai 1945 cent deux déportés que je devais ramener à Poitiers

Je n’en dis pas plus pour le moment si ce n’est que par la suite, je soutins vigoureusement l’action de Madame L’Huillier, retournée à Paris où elle continua de s’occuper des gitans. Telle fut la raison qui me fit nommer, quand je commençai à me retrouver un peu plus libre, Aumônier National de l’Aide aux Nomades, au cours de l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques des 18 et 19 octobre 1948, il y a maintenant trente-quatre ans. »

Quelques mots pour conclure :

En 1975, le père Fleury présente un groupe de jeunes gitans au pape Paul VI lors du premier grand pèlerinage des Voyageurs à Rome. Plus tard, il disait : « Ce sera le plus beau jour de ma vie. »

Le Père Jean Fleury est décédé le 4 décembre 1982 à Pau, où il était arrivé quelques semaines plus tôt en maison de retraite.

Rendons grâce à Dieu pour la vie la vie de celui qui a été à l’origine de l’aumônerie nationale des gens du Voyage et inspirons-nous aujourd’hui de son audace évangélique.

L’Aquitaine en direct !

En ces temps incertains où l’on ne sait pas bien de quoi sera fait demain, il importe plus que jamais de cultiver ses appuis. Chacun sait où se trouvent ses solidités. Chacun connait ce qui est sûr et important dans sa vie. Ce qui ne bougera pas au moindre problème. Pour les Voyageurs ce qui compte beaucoup ce sont des choses simples : l’amour dans sa famille, les cousins et cousines, son camping, son terrain, la vigilance pour les anciens, et au milieu de tout cela, le désir de se sentir libre, la foi en Dieu sur qui l’on peut compter.  On ne le voit jamais avec nos yeux, pourtant l’on sait que Jésus demeure à nos côtés chaque jour qui passe.

Dans la région Aquitaine, le quotidien est comme partout. Beaucoup de voyageurs ont connu des difficultés de la situation que nous traversons. 

En Gironde, les réunions de prière ont cessé, puis repris. On a changé les heures en fonction des couvre-feux. Bambo et « la Fille » animent le chant et lisent l’Évangile dans plusieurs endroits du département. On chante, on prie, on joue de la musique à Pineuilh ou aux Églisottes. On continue de bénir les maison, de préparer des baptêmes malgré la Covid. À Langon les veillées sont provisoirement ralenties. Le Kalo et Negrita continuent de prier pour tous, mais l’âge nécessite de faire attention…. Gimbi, Marie, Vanessa, Jordan, Brayan, reprendront dès que possible les chants et la prière.

Les fêtes de Noël ont eu lieu dans tous ces endroits, avec Philippe le diacre, avec le sourire des enfants et la joie de tous.

Gimbi et moi le rachail de Bordeaux, nous sommes rendus mi-janvier à Dax. Là-bas, des Voyageurs veulent relancer la catéchèse pour leurs enfants. Dominique Espil, le rachail de Dax, nous a tous reçus, avec Eliane Sanchez qui travaille à l’Aumonerie depuis si longtemps. Nous étions une dizaine en ce samedi matin, avec nos masques, autour de la table. Il y avait là Andy, Gros nez, Eddy, Alexandre… Apres un tour de table, nous nous sommes redit combien la catéchèse de nos enfants est importante. Connaître la vie du Seigneur, de la Sainte, cela se prépare. Quand les enfants découvrent l’Évangile, les parents sont les premiers à en profiter. Raconter, parler de sa foi aux jeunes, c’est grandir dans sa foi d’adulte.

Une décision est prise. Des parents se donneront rendez-vous, pour aller à la messe ensemble, un dimanche de temps à autre. La catéchèse va redémarrer.

En Dordogne c’est le rachail Jean-Marie dit le Cow-boy, qui fait le lien avec les Voyageurs. Jean-Marie est présent à presque tous les Pèlerinages de la région. Il apporte son expérience aux réunions régionales qui ont lieu deux fois par an. 

Dans le Lot et Garonne c’est le rachail Ioan qui rassemble les gens du Voyage. Il reste en lien étroit avec Gimbi et moi. Nous prévoyons de nous retrouver hors les réunions officielles, notamment pour préparer un de nos pèlerinages, celui de Bon Encontre. 

Avec les Voyageurs de Pau, depuis la disparition de Michel Lahet, nous espérons trouver de nouveaux contacts. Ce sera toujours possible de venir a notre prochaine rencontre régionale à Dax, le 6 mars de 10h30 a 15h30.

La Région Aquitaine est une très belle région. Avec des plages, des forêts et des montagnes. À chaque coin, des Voyageurs qui aiment le Seigneur, sur chaque terrain comme partout en France le désir de prier et d’aimer.

Jean-Yves, rachail de Bordeaux 

Avec tous ceux qui travaillent dans l’Esprit en Aquitaine.

Ascension à Notre-Dame d’Orcival

Quel accompagnement spirituel avec les familles du voyageur en période de confinement ? Comment vivre le réconfort spirituel avec les malades et les personnes en deuil, comment maintenir la curiosité des enfants sur la vie de Jésus et motiver les jeunes chanteurs et musiciens de nos chorales ? Préserver un lien avec la paroisse ou un lieu saint ?

Lorsque les visites sont compromises et les rassemblements de fidèles contrariés par les prescriptions sanitaires, des chemins de traverses s’ouvrent à notre imagination pour trouver des compromis. Nos responsables nationaux nous ont encouragé, par une simple phrase, à nous concentrer sur nos animations locales, à investir les réseaux sociaux, les pistes étaient tracées !

Nous pensions vraiment pouvoir nous rassembler, sans célébration aucune, le jour de l’Ascension à notre magnifique pèlerinage d’Orcival. Le Curé de la Basilique avait prévu un accueil permanent sur toute la journée. C’était sans compter sur le zèle du Sous-préfet d’Issoire qui a intimé au recteur d’Orcival de fermer les portes millénaires du sanctuaire sous prétexte d’un éventuel cluster ecclésial ! J’ai dû même envoyer un sms à tous mes contacts pour les dissuader de monter au pèlerinage en vain. La nuit portant conseil, je décidai de proposer notre pèlerinage en étape sur des époques différentes avec les plus motivés et les familles fidèles de ces occasions. Le dimanche qui suivait nous nous retrouvions en plein air une bonne cinquantaine à gravir et à méditer le chemin de Croix à toutes nos intentions. Une belle louange devant la Sainte dans la Basilique ouverte précédait un pique-nique éclaté par famille, et un temps de ressourcement à la fontaine de la petite chapelle.

Quelques séances de catéchèses ont encore pu être organisées dans l’une ou l’autre famille en juin. Puis un chanceux pèlerinage en veillée pour honorer la Vierge Sainte de Montgaon ou nous étions une centaine, voyageurs et sédentaires à processionner avec un chapelet animé sur des textes de la mission. Nous recevions ensuite avec joie Frantz et Cathy, Bernard et Belly avec leur camping-car sur notre site. C’était pour nous l’occasion de mini-missions proposées directement sur les terrains des voyageurs. Tous les deux soirs, après un coup de téléphone favorable, nous nous retrouvions à l’extérieur,  vers 21h , à louer, enseigner, partager et prier les uns pour les autres dans un souffle divin qui lui, n’était pas confiné du tout par tant de proximité fraternelle ; les grâces pleuvaient malgré la chaleur de certains soirs : Maringues, les Martres de Veyre, Neschers …

Nous n’avons pas pu résister à l’envie de monter chercher le frais à Orcival et le souffle de Jésus se manifesta au-delà de toute espérance. Notre grand feu était allumé au-devant de la petite chapelle de la source et la double porte du mini sanctuaire ouverte comme les bras de tendresse de la maman qui veut nous offrir la joie divine du Père des miséricordes. Nos chants et nos prières s’élevaient vers le ciel comme ces grandes flammes qui éclairaient la nuit de l’été. Une assemblée de louange envahissait le petit local qui recevait alors les actions de grâce de ceux qui venaient, à nouveau, d’expérimenter dans leur cœur ou dans leur corps la bienveillance de Jésus pour ses frères et sœurs ! Les batteries de la Foi étaient alors rechargées pour plusieurs semaines, de quoi témoigner de l’Espérance qui habite en nous.

Heureusement y a-t-il eu ces temps de grâce pour persévérer dan la prière personnelle ou en famille, car le confinement revenait et il ne nous restait que les funérailles pour nous rassembler ça et là autour de nos chers défunts. Ces célébrations nous ont donné l’occasion de partager notre peine et notre foi dans les cimetières qui accueillaient des assemblées respectueuses des consignes, excepté le nombre ; car les autorités permettaient ces hommages aux parents les plus proches, qui sont souvent nombreux. Les chaînes de prières ne cessaient de stimuler nos portables pour des intentions sérieuses que certains osent partager ; il y a pourtant, en ces temps difficiles, beaucoup de familles qui se replient sur elles-mêmes !     

Nous prions le Seigneur Jésus pour plus de sollicitudes fraternelles et plus de confiance avec les priants des aumôneries … La prière est encore plus rapide que nos sms maladroits et manifeste au-delà de la honte, les bienfaits de l’intercession généreuse des fidèles.

Persévérons ces chemins et n’hésitons pas à nous aventurer sur des voies nouvelles, Jésus nous attend à tous les instants, il nous précède dans nos initiatives et nous bénie chaque fois en vérité.

Jacques Bonnant-Michel, Puy de Dôme.

La pastorale des gens du Voyage face à la Covid19

Cette année la pastorale des gens du voyage a dû s’adapter à la crise sanitaire. A la rentrée de septembre 2019  toute l’équipe de la pastorale avait élaboré un magnifique programme pour l’année 2019-2020, pèlerinage, veillée de prière, formation, préparation aux sacrement, école de la foi, mission etc.

Mais voilà quand, début 2020, la Covid fait son apparition : programme stoppé, peur et inquiétude qui s’insurgent dans les cœurs des Voyageurs .

La Covid19 à profondément touché la communauté , sanitairement et économiquement en Savoie. Face à tout  cela, la pastorale a dû apporter des réponses. 

Sanitairement toute l’équipe à jouer un rôle de prévention auprès des voyageurs les plus démunie  , rappelant ou apprenant les gestes barrières. Mais malgré cela la communauté fut fortement touchée par le virus.

Économiquement la pastorale à aidait plusieurs familles de voyageur en les accompagnants dans leur démarche de demande d’aide financière auprès de l’etat  . 

Cet accompagnement a pu se faire grâce aux moyens de communication tels que ; téléphone, Skype, etc. La crise a également forcé la pastorale à trouver de nouvelles façon de créer ou rester en lien les uns et les autres. Le téléphone et les réseaux sociaux sont devenus les principaux outils pour rester en lien .

Le téléphone nous à permis de prendre des nouvelles de chacun , de pouvoir prier les uns pour les autres et également de pouvoir faire le chapelet en même temps. Notre page Facebook “gens du voyage catholique de Savoie” est devenu notre principal moyen de communication et de formation pendant cette crise .  

Pour le 1er confinement elle nous a permis de vivre la semaine Sainte en union de prière avec les lectures chaque jour de la Parole . De vivre la veillée Pascale en direct sur nos tablette ou téléphone . Il y a eu également des enseignements chaque vendredi.

Depuis novembre 2020 il y a le “Mot du jour” où nous abordons des mots ou expressions que nous entendons dans l’Eglise qui est partagée sur facebook et également par SMS car pour nos plus anciens il est difficile pour eux d’être sur les réseaux sociaux  .

La pastorale n’a pas cette année de programme définie  , elle s’efforce chaque jour à répondre le plus possible à l’attente de la communauté (visite,prière,formation,préparation etc). Elle reste à l’écoute de chaque voyageur quelle que soit la demande, elle est là pour accueillir , afin d’apporter le mieux possible une réponse.

Trois verbes expriment notre dynamisme missionnaire: aller vers les personnes, les accompagner, leur annoncer la Bonne Nouvelle. Ses trois verbes sont notre mission, mission reçue de notre évêque Mgr Philippe Ballot depuis le début de la pastorale des gens du voyage.

Tony Peillex

Pèlerinage à ND de Myans (73)

pour la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 2020.

Cette année, malgré les difficultés que nous vivons actuellement dans notre monde (Covid19) , le pèlerinage annuel des Voyageurs à eu lieu.  

Habituellement le pèlerinage se déroule sur toute la journée et se termine avec le repas que les voyageurs prépare pour toute la paroisse et les pèlerins venus en ce jour.

Cette année avec la situation en France , le pèlerinage aurait dû être annulé , mais  Mgr Ballot philippe voulait que le pèlerinage  ait lieu , de façon prudente, en respectant les consignes sanitaires (gestes barrières ) .  

C’est avec joie que tous les voyageurs ont accueilli le maintien du pèlerinage , même s’il fut réduit à la célébration eucharistique . La messe fut célébrée par l’évêque et animée par les jeunes et les enfants du Voyage.

Les jeunes et les enfants se sont vraiment investis dans la préparation et l’animation de ce pèlerinage. Ils ont créé une chorale, choisi les chants et même lu les lectures et préparé la prière universelle. L’assemblée fut touchée par tous ces jeunes et surtout touchée par le comportement des enfants, qui étaient si sages et attentifs à ce que nous étions en train de vivre. 

Plus d’une quarantaines de Voyageurs sont venus et tous étaient dans la joie d’être venu ici et de se retrouver auprès de Notre-Dame de Myans, sanctuaire si cher aux Voyageurs de notre région où habituellement nous nous réunissons chaque semaine pour nos veillées de prières et nos écoles de la foi.

Pendant la messe au moment des annonces, avant l’envoi, le responsable de la pastorale des gens du Voyage (Tony Peillex) fut autorisé à prendre la parole. Tony à partagé un temps de réflexion sur le temps de l’Avent que nous vivons.

Confinement… encore !

Jeudi 29 octobre 2020

A l’heure où je vous écris, nous attendons les nouvelles consignes du gouvernement pour ce nouveau temps de confinement qui commence ce jeudi soir. C’est une nouvelle épreuve qui nous ‘tombe dessus’ et nous savons bien les difficultés (économiques, familiales, religieuses…) que cela va entraîner, moins pénibles cependant qu’au printemps.

Le dernier numéro de La Roulotte en ligne a montré les initiatives que vous avez prises un peu partout en France et cela est plein d’espérance ; il faut continuer.

J’ai dû annuler ce matin la rencontre des Provinciaux prévue à Nevers fin novembre car les établissements recevant du public, ERP, sont obligés de fermer. Voici ce que j’ai écrit aux aumôniers provinciaux :

« Il semble que notre mission n’est pas seulement de chercher à maintenir ce que nous avions prévu de faire, mais aussi de nous mettre à l’écoute du Seigneur pour voir ce qu’il nous dit et nous demande de faire dans les circonstances présentes.

Notre baptême fait de nous des prêtres, des prophètes et des rois appelés à la sainteté. A quel témoignage l’Eglise est-elle appelée aujourd’hui, et dans cette Eglise nos aumôneries locales des gens du Voyage ? Souci des plus pauvres, témoignage, évangélisation… »

J’invite chacun à la prière et à regarder avec les yeux de la foi de l’espérance et de la charité ce qui se passe autour de lui pour être vigilant les uns aux autres et à la parole de Dieu. Il ne s’agit pas d’agir ‘chacun pour soi’ et de faire des provisions, inutiles d’ailleurs, mais de continuer à vivre en chrétiens quelles que soient les conditions. Jour après jour, simplement, concrètement, notre foi nous fait vivre unis les uns aux autres et à Dieu et nous prépare à la vie éternelle.

Que Dieu vous bénisse, vous et vos familles !

Père Vincent Bedon +

Repose en paix, Michel Lahet

Michel Lahet R.I.P.

Michel Lahet était un homme du Sud-Ouest avec un tempérament bien affirmé et un magnifique accent. Sa maman était basque et son papa béarnais.

Michel était un pasteur estimé dans les paroisses de Pau où il avait servi et était curé.

Après avoir été un temps aumônier d’étudiants, puis de l’Action Catholique Ouvrière, il a gardé toute sa vie cette rigoureuse et fidèle habitude du « voir, juger, agir ». En particulier, dans les réunions, il avait l’habitude de tout noter. Ce qui lui donnait dans ses prises de paroles de citer des faits, des personnes, des situations toujours très concrets.

Puis, devenu aumônier des gitans, succédant au Père Etchevéry. Et il assumé dès lors la responsabilité du Pélé National des Gitans à Lourdes : tâche qu’il a remplie  de très nombreuses années, avec fidélité, persévérance et courage, sachant toujours faire face à toutes sortes de difficultés qui peuvent surgir dans de tels grands rassemblements.

Il menait le combat pour la justice et défendant toujours les manouches.

Le passage psaume lui convient bien qui dit : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent. » 
Michel, bon et fidèle serviteur, entre maintenant dans la joie et la paix de Dieu, et de là-haut, tu ne laisseras pas tomber ceux et celles que tu as servis et aimés sur cette terre.

À Dieu, Michel, en attendant de nous retrouver !

Marcellin

Amettes, de Bébé et Dalila

« Pendant cette mission, j’ai retrouvé la force de la prière des frères et des sœurs et de nos rachaïs et nos petites sœurs. Le Seigneur nous a donné une grande grâce de communion. Les repas ensemble en toute simplicité. Les enseignements de nos rachaïs, le chemin de croix avec la forte chaleur, on a pu prier, chaque voyageur avait bien préparé sa station. Les enfants ont bien participé. Ils nous ont fait une soirée de marionnettes sur l’histoire de Joseph et ses frères dans l’Ancien Testament. C’était magnifique. Je remercie le Seigneur pour ce moment de grâce ». (Bébé et Dalila et toute la famille)